La Majorité Présidentielle aussi bien que l'Opposition ne veulent pas d'élection en 2016
La Majorité Présidentielle aussi bien que l’Opposition ne veulent pas d’élection en 2016

Qui de la Majorité Présidentielle ou de l’Opposition souhaiterait l’organisation des élections en Rd Congo ? A en croire les analystes, personne ne souhaite aller aux élections en 2016 en Rd Congo et cela pour des raisons évidentes : ceux qui ont des postes (députés, membres du gouvernement, sénateurs, gouverneurs, etc.) veulent s’y accrocher. On le remarque dans les stratégies mises en place.

D’abord le dialogue apparaît comme prétexte pour bloquer les scrutins. Joseph Kabila avait annoncé, en novembre 2015, la convocation d’un dialogue politique inclusif, mais sans préciser la date, le lieu et les acteurs. Il a demandé à tous ceux qui hésitaient de rejoindre la voie de la négociation afin de donner une chance au processus électoral. Dans son discours, il n’a pas fait allusion à son avenir politique, étant donné qu’il arrive à la fin de son mandat. La Majorité Présidentielle avait applaudi le discours du chef de l’état, mais l’Opposition l’a critiqué, par ce qu’il manquait de précisions. Et pour le manifester, elle a maintenu sa position : pas de dialogue proposé par Kabila. Il y a donc un blocage à ce niveau, malgré les injonctions du Pape François, de Ban ki Moon, et d’autres acteurs. Sur le dialogue la Majorité présidentielle et l’Opposition ne veulent rien entreprendre pour débloquer la situation, les uns accusant les autres. Tous savent que le temps passe et ils le souhaitent ainsi.

Ensuite le manque d’argent est perçu comme raison suffisante pour repousser les élections sine die. D’abord quelles élections doit-on financer et organiser? Elections des députés provinciaux et des maires et bourgmestres ? Elections des gouverneurs ? Elections législatives et présidentielle ? Par quoi commencera-t-on et quand ? Le budget des élections a été présenté à l’assemblée nationale dans sa séance du 26 octobre 2015. Un chiffre a été articulé : 580 millions de dollars dont 40,7 millions de dollars qui viendraient des partenaires. Le gouvernement comptait allouer ce montant à la consultation populaire. Malu Malu, ancien président de la CENI, avait articulé le chiffre d’un milliard de dollars. De nos jours, il est difficile de savoir si le gouvernement a déjà rassemblé tout l’argent qu’il faut pour organiser les élections. Le gouvernement entretient le flou et laisse traîner les choses en longueur. Et le temps passe sans que personne ne s’en émeuve. C’est un second blocage.

La lenteur et les tergiversations de la CENI suscitent des interrogations. L’abbé Malu Malu a démissionné le 10 octobre 2015. On pensait qu’après lui, tout irait très vite et que l’organisation des élections n’était qu’une question de temps, mais tout ne se passe pas comme on le souhaiterait. A moins d’un an des élections tant attendues, il est à nouveau question du fichier électoral. Le lundi 11 janvier, Maman Sidiki, patron de la Monusco est allé voir Naanga, président la Ceni, pour lui demander d’avancer sur les dossiers qui n’ont rien à voir avec la politique, comme l’achat des kits qui serviront à la révision du fichier électoral. Kabila avait évoqué cette question quand il a convoqué le dialogue. Il y a un flou entre la primature et la Ceni pour savoir qui doit faire quoi. Il est fort probable que l’obtention des équipements et de toutes les fournitures prennent beaucoup de temps. Il semble même que Corneille Naanga attend le début du dialogue pour commencer la révision du fichier électoral. En plus du fichier électoral, le problème du calendrier électoral n’a jamais été résolu. Voici encore un blocage qui pousse au glissement.

Et enfin, la question d’une transition d’au moins 3 ans est clairement évoquée par les politiciens. Pour les adeptes de cette idée, il faut prendre le temps qu’il faut pour bien préparer les élections. Les politiciens de la Majorité et ceux de l’Opposition le disent déjà tout bas et le souhaitent ainsi. Stève Mbikayi, un leader de l’opposition propose une transition politique qui serait dirigée par l’Opposition. Ne Mwando Nsemi et d’autres sont du même avis.

En réalité au Congo, les politiciens  qui détiennent un pouvoir quelconque,  qu’ils soient de la Majorité ou de l’Opposition, font tout pour s’y accrocher. C’est pour cette raison que les élections ont  toujours posé des problèmes, même si elles sont organisées de manière transparente.

 

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