La déforestation au Kwango est un drame pour une population qui a vécu dans l'abondance.
La déforestation au Kwango est un drame pour une population qui a vécu dans l’abondance.

Au Kwango, la déforestation n’est pas une fiction, c’est une réalité. Les forêts denses et humides poussent le long de grandes rivières de la région du Kwango et couvrent une grande partie du territoire. La plus grande forêt s’étend sur plus de 100 km entre Kasongo-Lunda et Panzi. Mais cette forêt est très entamée et la déforestation est visible. L’évolution de cette déforestation est très spectaculaire. Lorsqu’on parcourt la région, on observe clairement de gros arbres nus et brûlés. Ils sont encore debout, après le passage d’un incendie volontaire qui a consumé toute la forêt. La disparition de la forêt dans le Kwango est due à plusieurs facteurs :

– L’agriculture de subsistance : La population du Kwango vit d’une agriculture de subsistance. Les produits sont plantés après avoir défriché de grandes étendues de forêt. Le procédé est simple : on coupe une étendue de forêt, on brûle cette partie qui sert de champ. Mais comme il n’y a pas de protection anti-incendie, le feu consume aussi la partie non défrichée, parfois, des centaines d’hectares. Durant la période de la  saison sèche, on observe une activité intense de déforestation près de Kenge vers la Wamba, à Mukila, dans les forêts près du bac de Pelende, à Kasongo-Lunda vers Dibulu, à Kingunda, vers la Nganga, à Kitenda vers Masapu et Mwela Kasa, etc.

– Le besoin d’énergie : Au Kwango il n’y a pas un seul centre qui possède de l’électricité. Pour faire la cuisine, éclairer les maisons ou pour tout autre besoin, les gens recourent à la forêt d’où ils tirent la braise, après avoir coupé de nombreux arbres. Ainsi, près de la Wamba à Kenge, les gens continuent de couper les arbres pour faire la braise qu’ils revendent à petit prix sur le marché.

– L’absence d’une politique de reboisement : Après avoir coupé les arbres, personne ne pense à replanter les arbres. Il faut dire que le reboisement demande une infrastructure minime et il faut un petit budget pour cela. Mais cette politique n’existe pas dans la région, car les gens sont démunis. En plus, il faut un élément déclencheur.

– L’absence d’entretien et d’une étude de la forêt : là encore il y aurait beaucoup à faire. La forêt n’est pas protégée et aucune étude n’est faite pour sa survie. Et il y a d’autres facteurs nuisibles que nous n’avons pas cités ici, par exemple la vente illégale du bois.

Les conséquences sont dramatiques à l’heure actuelle. Dans les grands centres comme Kenge, Kasongo-Lunda, Panzi il faut parcourir de nombreux kilomètres pour arriver à un semblant de forêt. Compte tenu du fait que les arbres ont été coupés autour de ces cités, l’érosion arrive à grand pas et détruit tout sur son passage. Les rivières commencent à se dessécher – à Kenge par exemple – et les gens ont du mal à trouver de l’eau potable. Il faut faire quelque chose : éduquer la population, protéger la forêt, faire des études de reboisement, etc. Il n’est pas encore trop tard, mais il ne faut pas attendre.

 

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