Peut-on s’attendre encore à un glissement du calendrier électoral en 2017 ? Certains Congolais se posent déjà cette question. Dans les dernières heures du samedi 31 décembre 2016, jour de la St Sylvestre, un accord dit historique, global et  inclusif a été signé entre les représentants de la  Majorité Présidentielle (MP) et ceux du Rassemblement, plateforme de l’opposition,  sur la gestion de la transition politique.

La signature a eu lieu à Kinshasa au centre interdiocésain,  sous l’égide de la Cenco, la conférence épiscopale du Congo. Cet accord, qui a évité au pays de sombrer dans le chaos, stipule que Joseph Kabila, le président actuel, restera en fonction jusqu’à  l’investiture  de son successeur. Ensuite,  les élections présidentielles, législatives et provinciales doivent se tenir en décembre 2017 et enfin, le poste de premier ministre doit revenir au Rassemblement. Cet accord, fruit d’un dur labeur, est la conséquence de la non tenue des élections de 2016 et du maintien de facto de Joseph Kabila au pouvoir.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les conditions sont-elles remplies pour que les élections prévues en 2017 aient lieu ? Peut-on s’attendre à un autre glissement du calendrier électoral ?
L’opposition a toujours été convaincue que les élections de 2016 n’ont pas eu lieu parce que le Président de la République a  voulu, par tous les moyens, se maintenir au pouvoir. La Majorité Présidentielle l’y a aidé, en multipliant les obstacles sur le chemin qui conduisait au scrutin.

En 2016, le président de la CENI, Corneille Naanga justifiait la non tenue des élections par le manque de moyens financiers. Il avait aussi plaidé pour la refonte du fichier électoral parce qu’entre 2011, date des dernières élections et 2016, il y a eu des décès et de nouveaux majeurs dont il fallait tenir compte. Ce travail prendrait du temps. C’est dans ces conditions que le glissement du calendrier électoral a eu lieu.
Au regard du contexte actuel,  des acteurs politiques en place et de différents paramètres qui se multiplient, il y a lieu de se demander si les élections prévues par l’accord de la St Silvestre auront effectivement lieu dans le délai.

A (Re) lire : Vers un glissement du calendrier électoral ?

Les paramètres sont donc multiples : depuis plus d’un mois que l’accord de la St Sylvestre a été signé, il n’est pas encore mis en place ; le fichier électoral n’est pas encore mise à jour, même si 13,5 millions d’électeurs ont déjà été enregistrés ; le problème financier n’est pas encore résolu ; le gouvernement issu de l’accord du 18 octobre ne veut pas entendre parler de démission ; le calendrier électoral n’est pas connu, etc. A ce jour, rien ne garantie que les Congolais voteront leur nouveau président en 2017. Alors y aura-t-il encore un glissement ?

Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001, à la suite de  la mort de son père. Après le report des élections de 2016, il s’est maintenu au pouvoir, alors que la Constitution le lui interdisait. Avec ses 70 millions d’habitants, le Congo attend avec impatience les élections à venir.

0saves
Lekwango vous remercie. Si vous avez apprécié cet article, vous pouvez laisser un commentaire en bas ou souscrire au flux RSS afin de recevoir les prochains articles directement dans votre lecteur de flux.