Le développement du Kwango dépend de la volonté de chaque kwangolais et kwangolaise
Le développement du Kwango dépend de la volonté de chaque Kwangolais et Kwangolaise

Une réflexion proactive sur les perspectives du développement du Kwango est une très bonne chose. Sa tenue à l’aube de la naissance administrative de la province du Kwango illustre bien le proverbe: « Gouverner, c’est prévoir ». Je tiens à féliciter les initiateurs et tous les Kwangolais, politiciens, membres de la société civile et hommes de l’Église, qui au nom du Kwango n’ont pas hésité de répondre à l’appel et d’apporter leur contribution à la genèse d’une nouvelle dynamique du développement pour le Kwango.

En parcourant les exposés de divers intervenants à l’atelier, je suis délicieusement ravi par la pertinence de chacun d’eux en ce qui concerne aussi bien les priorités du développement que la préoccupation, pour la société civile Kwangolais, de se prendre en charge. Mes avis ci-dessous portent sur:

1. le type d’organisation à mettre en place
2. la mise en place d’une caisse et à sa gestion
3. la manière de mobiliser des fonds

1. Type d’organisation.

Pour commencer, mettons-nous d’accord sur le concept de la société civile, qui n’est autre chose que l’ensemble d’organisations qui mènent leurs activités sociales, économiques, culturelle, religieuses, récréatives, voire politiques hors des structures d’État. Dans cette définition large de la société civile sont comptés comme groupes de la société civile les églises et les partis politiques, en plus des associations diverses ou organisations non-gouvernementales (ONGs). Je comprends qu’à cause du rôle d’État que l’Église a joué autrefois et du fait que les partis politiques aspirent au pouvoir d’État, il y ait la grande tendance à exclure ces organisations de la société civile. Si cette exclusion réussit à s’appliquer aux partis politiques, l’Église y résiste. Dans beaucoup de pays d’Amérique latine et dans certains pays d’Afrique, comme le Kenya, l’Église se présente comme l’organisation la plus significative de la société civile et s’assume comme telle. On devrait s’attendre a ce que l’Église chez nous joue un rôle de premier rang dans l’animation du développement agricole et pastoral.

Partant de ce qui précède, précisons que la prise de conscience pour le développement du Kwango qui se matérialise, avec l’atelier du 31 mai dernier, se fait au niveau de la société civile, même si celle-ci est encore à organiser. Compte tenu du contexte politique congolais qui, jusqu’ici ne s’est pas préoccupé du développement intégral, le Kwango peut baser son développement sur un réseau associatif. Celui-ci, en plus de s’appuyer sur les ressources de ses membres, recherchera le financement de ses projets viables par l’État et par des organisations internationales d’aide au développement existantes. Ce mandat de relations publiques reviendra à la grande Association pour le développement du Kwango « ADEKWA »(ma proposition), qui gérera la grande caisse de financement au développement du Kwango.

Il y a donc lieu de maintenir la conscience au niveau de la société civile dans une dynamique qui devrait accoucher, sans tarder, d’une association Kwangolais laïque qui aura pour mission essentielle celle d’encourager l’émergence d’un réseau associatif et de soutenir des associations avec des rôles spécialisés. Les unes auront leurs sièges à Kinshasa, d’autres au chef lieu de la province et d’autres encore dans des zones et localités. L’association régionale (provinciale) aura aussi dans son mandat un aspect politique ouvert, celui d’influence pour des politiques en faveur du Kwango, et un aspect politique discret, celui du lobbying pour les nominations et avancements politiques de Kwangolais. Quant aux ramifications de l’Association pour le développement du Kwango « ADEKWA », elles pourraient correspondre à l’organisation de l’Église catholique dans les diocèses du Kwango, dans la mesure où l’Église est l’entité de la société civile la plus organisée dans le Kwango. Le siège de l’ADEKWA pourrait s’établir à Kinshasa.
2. Mise en place d’une caisse et sa gestion

Puisqu’il est question de soutenir le développement du Kwango, la caisse proposée par le Gouverneur Kimbuta et le prof. Landu, dans la perspective de Kwangolais qui doivent compter sur leurs propres efforts, est une nécessité. Le montant de 1$ par semaine, par Kwangolais résidant à Kinshasa, me parait un peu trop élevé, compte tenu des conditions de vie de nos ressortissants. 1$ ou 2$ par membre, par mois, serait plus facilement mobilisable à Kinshasa. Tandis que dans la diaspora, je proposerais un minimum de $20 par mois qu’on peut verser en une ou deux tranches annuelles. Comme nous le disons plus haut, en plus des cotisations de membres, la caisse pourrait bénéficier des subventions gouvernementales et de l’aide au développement de la part des organisations financières internationales en appui aux différents projets de développement.

En ce qui concerne la gestion de la caisse, elle sera assurée par les structures dont l’Association se sera doté démocratiquement. Il faut faire en sorte que le Président de l’association n’ait comme seule autorité que les membres en plénière ou représentés par le conseil d’administration de l’association. A moins de confier toute l’organisation à l’Église Catholique, je serais d’avis que le président n’ait pas de double allégeance, disons politique ou religieuse et l’association. Car une double allégeance effriterait le principe d’une présidence libre et de responsabilité uniquement devant les membres de l’association. A mon avis, les membres qui ont fait leur preuve dans la gestion des ONGs seraient les candidats les mieux préparés pour une pareille direction. Le Conseil d’administration sera le plus large possible avec au moins un membre par collectivité de la sous-région, sans oublier la diaspora. Bref, à moins de parvenir à une désignation par consensus, il faut concourir au poste de président de façon démocratique.

3. La manière de mobiliser des fonds.

La mobilisation de fonds aura comme sources essentielles: a)les cotisations de membres (à Kinshasa, à l’intérieur et chez des Kwangolais de la diaspora). L’association devra faire preuve d’une viabilité financière avant de solliciter des apports extérieurs. Il faut quitter la mentalité de l’aide et de l’aidocratie courante au Congo, car elle démobilise et aliène.
b) les fonds des gouvernements, les dons et des fonds d’aide au développement disponibles dans des agences du développement qui sont, d’ailleurs, toutes représentées à Kinshasa.
c) Des prêts raisonnables des banques privées.

Pour terminer, avouons que la réflexion en vue de créer une association pour le développement du Kwango se fait en temps opportun. Une association Kwangolaise aidera non seulement à la consolidation de l’unité de la sous-région, mais aussi à la prise en charge, par la société civile, du développement de la sous-région et de nos peuples. Elle devrait jouer aussi un rôle d’influence et du lobbying auprès des gouvernements qui sont responsables de la création des infrastructures du développement économique. J’aimerais voir le prochain atelier se prononcer sur le nom de l’association et à constituer une commission avec mission de mener des consultations utiles pour écrire un projet de statuts dans un délai raisonnable. Ainsi à l’assemblée après la prochaine, on pourrait mettre en place un conseil d’administration fondateur avec mission de faire enregistrer l’association et d’obtenir les lettres patentes.

Le Kwango, une nation où les peuples partagent les mêmes valeurs, plus que toute autre région du Congo, a plus de chance de réussir une organisation civile d’ampleur régionale ou provinciale. Nous devons donc tirer profit de cet avantage différentiel pour aller de l’avant; le développement de notre Kwango en dépend.

Je profite de cette occasion pour présenter à toute la communauté Kwangolaise mes condoléances pour le décès de M. Valère Kaseka, ce grand artisan du développement du Kwango. Pourriez-vous tous garder une minute de silence pour son âme à votre atelier prochain.

Marc Kapenda
(Canada)

 

0saves
Lekwango vous remercie. Si vous avez apprécié cet article, vous pouvez laisser un commentaire en bas ou souscrire au flux RSS afin de recevoir les prochains articles directement dans votre lecteur de flux.