Quel environnement voulons-nous pour le Kwango ? Telle est la question. Le Kwango est une région traversée, du sud vers le nord, par des grandes rivières qui ont façonné sa nature. Nous avons ainsi :

1. Les grandes rivières

  • Le Kwango
  • La Wamba
  • La Bakali
  • La Twana
  • La Zizi
  • La Lonzo
  • La Lwadi
  • La Inzia
  • La Nganga
  • Le Kwenge
  • La Tsai
  • La Luie
  • La Lukula

2. Conservation de la nature

Il existe dans le territoire de Kasongo-Lunda, un parc national, ignoré de beaucoup de gens : SWA KIBULA. Ce parc qui a une superficie de 1.400 km2, a une faune et une flore extraordinaires. Dans la savane parsemée de galerie forestière, on trouve des éléphants, des buffles, des antilopes, des léopards, des crocodiles, des hippopotames dans le Kwango. Faute de routes et d’infrastructures, ce patrimoine est à la merci des braconniers. Il est encore possible de sauver ce qui reste.

3. Des lieux extraordinaire pour protéger l’environnement

  • Les Chutes Suka-Mbundu ou Guillaume : Région de Suka-Tembo
  • Les chutes de la Zizi : Région de Pelende
  • Les chutes de la Ngulunga : Région de Pelende
  • Les Chutes de Pata Kibunda : Région de Mawanga

4. L’exploitation du diamant dans le Kwango, un danger pour l’environnement.

Si vous voulez connaître l’état d’avancement de recherches minières dans la province du Bandundu, nous vous renvoyons à ce lien : CRM-Exploration-Mapping.blog4ever.com

La recherche du diamant détruit l'environnement
La recherche du diamant détruit l’environnement

Le diamant est exploité au Kwango, dans différents endroits appelés carrières ainsi que dans de nombreuses rivières comme le Kwango, la Tungila, la Gombe, la Dinini ainsi que leurs affluents. On dit qu’on peut trouver du diamant dans la quasi totalité des rivières du Kwango. En grande partie le diamant est exploité de manière artisanale. Mais il existe des sociétés qui utilisent du matériel industriel.
Cependant, on signale plusieurs indices de divers minerais tels : la phosphate, le sable fin pour la vitrerie, le fer, le nickel, le gypse pour le ciment, le pétrole et même le diamant de très bonne qualité parce que le sud est situé tout prêt de la même zone minéralogique que la riche province angolaise appelée Lunda- norte

Danger :

Les jeunes ont abandonné les villages pour des carrières. Ceux qui sont restés doivent faire des longs trajets, à pied, vers Tembo pour aller vendre quelques produits de leurs champs. L’extraction du diamant laisse des cicatrices dans les différents sites d’exploitation : on y voit des trous béants et impressionnants qui ne seront jamais comblés, des immenses étendus de forêts sont coupées pour créer de petits hameaux où dorment les exploitants de diamants. Ces hameaux sont vite abandonnés dès que la carrière n’est plus productive. Il y a un problème écologique.

5. Une déforestation intense s’observe dans les grandes vallées des rivières Kwango et Wamba.

En protégeant la forêt, on protège l'environnement.
En protégeant la forêt, on protège l’environnement.

Les forêts denses et humides poussent le long de grandes rivières de la région du Kwango et couvrent une grande partie du territoire. La plus grande forêt s’étend sur plus de 100 km entre Kasongo-Lunda et Panzi. Mais cette forêt est très entamée et la déforestation est visible. L’évolution de cette déforestation est très spectaculaire. Lorsqu’on parcourt la région, on observe clairement de gros arbres nus et brûlés. Ils sont encore debout, après le passage d’un incendie volontaire qui a consumé toute la forêt.

La disparition de la forêt dans le Kwango est due à plusieurs facteurs :
– L’agriculture de subsistance : La population du Kwango vit d’une agriculture de subsistance. Les produits sont plantés après avoir défriché de grandes étendues de forêt. Le procédé est simple : on coupe une étendue de forêt, on brûle cette partie qui sert de champ. Mais comme il n’y a pas de protection anti-incendie, le feu consume aussi la partie non défrichée, parfois, des centaines d’hectares. On observe ainsi une activité intense de déforestation près de Kenge vers la Wamba, à Mukila, dans les forêts près du bac de Pelende, à Kasongo-Lunda vers Dibulu, à Kingunda, vers la Nganga, à Kitenda vers Masapu et Mwela Kasa, etc.
– Le besoin d’énergie : Au Kwango il n’y a pas un seul centre qui possède de l’électricité. Pour faire la cuisine, éclairer les maisons ou pour tout autre besoin, les gens recourent à la forêt d’où ils tirent la braise, après avoir coupé de nombreux arbres. Ainsi, près de la Wamba à Kenge, les gens continuent de couper les arbres pour faire la braise qu’ils revendent à petit prix sur le marché.
– L’absence d’une politique de reboisement : Après avoir coupé les arbres, personne ne pense à replanter les arbres. Il faut dire que le reboisement demande une infrastructure minime et il faut un petit budget pour cela. Mais cette politique n’existe pas dans la région, car les gens sont démunis. En plus, il faut un élément déclencheur.
– L’absence d’entretien et d’une étude de la forêt : là encore il y aurait beaucoup à faire. La forêt n’est pas protégée et aucune étude n’est faite pour sa survie. Et il y a d’autres facteurs nuisibles que nous n’avons pas cités ici, par exemple la vente illégale du bois.

Les conséquences sont dramatiques à l’heure actuelle. Dans les grands centres comme Kenge, Kasongo-Lunda, Panzi il faut parcourir de nombreux kilomètres pour arriver à un semblant de forêt. Compte tenu du fait que les arbres ont été coupés autour de ces cités, l’érosion arrive à grand pas et détruit tout sur son passage. Les rivières commencent à se dessécher – à Kenge par exemple – et les gens ont du mal à trouver de l’eau potable. Il faut faire quelque chose : éduquer la population, protéger la forêt, faire des études de reboisement, etc. Il n’est pas encore trop tard, mais il ne faut pas attendre.

6. « Khambila mama » : une plante dangereuse qui colonise les forêts luxuriantes des vallées du Kwango et de la Wamba.

Cette plante détruit l'environnement du Kwango.
Cette plante détruit l’environnement du Kwango.

« Khambila mama » (traduire : « va avertir ma mère ») : Tel est le nom que les habitants de la région du Kwango ont donné à une plante dont l’origine est incertaine. Personne ne nous a donné son nom scientifique. Beaucoup disent que cette plante serait venue de la Chine et que ce sont les Chinois qui l’auraient planté pour la première fois au bord des routes pour stabiliser le sol et combattre l’érosion lors des travaux de construction des routes. Cette information n’est pas vérifiable. Mais la plante existe, elle est là, réelle.

Les racines de cette plante s’enfoncent très profondément dans le sol, ses graines se dispersent vite et les jeunes plantes s’enchevêtrent entre elles, de telle sorte qu’elles ne laissent aucune chance à une autre plante de résister et de croître près d’elles. Quand « Khambila mama » a colonisé un terrain, il n’est plus possible de l’éradiquer, car c’est une plante envahissante qui prolifère vite. Et c’est celui là le problème. Les belles forêts luxuriantes de grandes vallées de la région sont étouffées petit à petit par cette plante et deviennent de plus en plus impénétrables. Les animaux qui y ont leurs refuges ont du mal à se mouvoir et se retirent de plus en plus là où ils peuvent se sentir en sécurité. Les gens ont du mal à défricher les champs, car « Khambila mama » ne s’arrache pas facilement du sol. Il faut être à plusieurs pour faire un champ. Les jeunes font appel à leurs parents pour venir les aider dans les travaux pénibles de défrichage. C’est de là que cette plante tire son nom actuel : « Khambila mama », c’est-à-dire, « va dire à ma mère de venir m’aider à arracher cette plante ».
Certains qui, pendant les travaux de champs, se sont blessés par imprudence en se heurtant à cette plante, ont vu leur jambe amputée. Aujourd’hui, on sait que quand on est blessé de cette manière, il faut tout de suite mettre les feuilles de cette plante sur la plaie pour la stériliser. Jusqu’à présent aucune étude n’a été faite sur cette plante. Comment arrêter sa progression, comment protéger les forêts et les terrains cultivables. Quel environnement pour demain ? Personne ne le sait encore.

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