1. Les routes du Kwango

Les voies de communications sont diLes voies de communications sont difficiles dans le Kwango
Route Kasongo-Lunda. Quelque part près de Zinabunkete
La politique coloniale et même le pouvoir actuel ont toujours privilégié la construction des routes dans les régions où on extrait des minerais, de telle sorte que, jusqu’à nos jours, le Kwango qui ne possède pas de gisement intéressant de minerais, ne compte aucune route asphaltée. Toutes les pistes sont en terre battue. Ce qui rend la région presque inaccessible.
En fait, malgré sa proximité avec Kinshasa la capitale, le Kwango est l’une des régions les plus enclavées du pays. Il ne possède pas de voies de communication viables. C’est un véritable handicap pour le développement socio-économique de la région, puisque la mobilité des biens et des personnes est rendue presque nulle. Les transactions, en grande partie, se font à pieds.
Le réseau routier du Kwango reste à ce jour un véritable problème pour les habitants de la région. L’état congolais n’a jamais donné les moyens nécessaires pour l’entretien des routes dans le Kwango, parce qu’il considère que la région est très pauvre.  En dehors du territoire de Kenge qui est traversé par la route nationale asphaltée « Kinshasa-Kikwit », les autres territoires se contentent des routes en terre, souvent non entretenues.
Le territoire de Kasongo-Lunda comprend des routes prioritaires, environ 640 Km et des routes de dessertes agricoles, environ 240 Km. Elles sont entièrement en terre. Mais une grande partie de ces routes, presque la moitié, a simplement disparu par manque d’entretien, laissant la place à des sentiers parcourus par les seuls piétons.
Les voies de communication. Ici, c'est le pont sur la rivière Pasa près de Zinabunkete. Les camions doivent faire très attention.
Les voies de communication. Ici, c’est le pont sur la rivière Pasa près de Zinabunkete. Les camions doivent faire très attention.
Le territoire de Kenge a un petit avantage : il est traversé par la route nationale. Il compte environ 1344 Km. Comme dans les autres territoires d Kwango, il se pose un problème de ponts et de bacs qui ne sont pas entretenus.
Le territoire de Popokabaka a environ 215 Km de routes prioritaires, quand elles sont praticables et 157 Km de routes de desserte agricole. Aucune route de ce territoire n’est entretenue. Les deux bacs sur le Kwango et la Wamba posent problèmes.
Quand elles existaient, les routes principales du territoire de Kahemba avaient une longueur de 807 Km et les routes secondaires comptaient 494 Km. Comme partout ailleurs, ces routes sont en terre et en mauvais état. Elles demandent un entretien et des ponts pour atteindre certaines localités.
En 1982, les principaux axes routiers du territoire de Feshi avaient une longueur de 787 km. En 2005, il n’y avait plus que 494 km praticables. De nos jours, il est devenu difficile d’atteindre facilement le chef-lieu du territoire
Avec cette vue d’ensemble, on voie clairement que le Kwango reste avant tout une région enclavée qui mérite une attention particulière de la part de l’état congolais.
Voici un exemple des routes du Kwango : La route Bukanga-Lonzo – Kasongo-Lunda. L’état de cette route est exactement le même dans tout le  Kwango. Regardez ici

Le vendredi 28 mars 2008, M. Godefroid Mayobo Mpwene Ngantien qui était à cette époque Ministre près le Premier Ministre Antoine Gizenga, membre du Parti Lumumbiste Unifié, Palu, était accueilli dans les installations de Radiookapi. Il parlait de la réfection de la route nationale Nsele – Lufimi – Pont-Kwango – Kenge. En même temps, il a annoncé, dans le cadre de 5 chantiers du chef de l’Etat, qu’une portion de route sera construite de la nationale n°1 jusqu’à Kasongo-Lunda,  et une autre de Kimvula à Popokabaka  pour rejoindre Kasongo-Lunda. Ce qui permettra d’évacuer les produits récoltés. Et il a ajouté que les financements sont en train d’être réunis. Mais seulement, les travaux ne vont pas démarrer tout de suite, il faut du temps. Chaque coin en son temps a-t-il insisté.

Si la route nationale a été réfectionnée de manière impeccable, les autres routes du Kwango sont telles qu’elles étaient avant l’entretien du ministre.

Donc en  partant de Kinshasa, la route nationale n°1 est asphaltée jusqu’au-delà de Kikwit. C’est la seule route asphaltée qui traverse le nord du Kwango.

Voies de communication : un tracteur abandonné
Tronçon de route entre Bukanga-Lonzo et Kasinsi. On aperçoit un tracteur abandonné. Août 2014

De Bukanga-Lonzo à Duri Mpangi, des tracteurs sont passés, il y a plusieurs mois pour élargir la route et damer la terre, en y ajoutant de la terre rouge. Au tronçon qui va de Bukanga-lonzo à environ la place nommée avec humour « L’Eglise de Jésus Christ par Terre sur son Envoyé », on a ajouté de la caillasse, ce qui stabilise le sol. Mais en même temps, les pneus des véhicules souffrent beaucoup.

C’est à Duri Mpangi que les tracteurs se sont arrêtés et c’est là qu’ils sont abandonnés. Les habitants du village que nous avons interrogés nous ont donné diverses raisons de cet abandon : les uns disaient qu’il n’y avait plus ni carburant ni pièces de rechange,  les autres nous rassuraient que les agents commis à l’entretien de cette route reviendraient bientôt pour reprendre leur travail. Mais il s’est déjà passé plus de huit mois depuis qu’ils sont partis et aucun signe ne montre qu’ils vont revenir. En plus, les gens des villages ou les passants ont déjà commencé à démonter certaines pièces des tracteurs abandonnés.

De Duri Mpangi à Popokabaka, la route est mauvaise. La terre est sablonneuse.  Pour rouler sur ce tronçon, il faut utiliser des jeeps 4 x 4. Il est conseillé d’avoir à bord de la jeep, un minimum d’équipement pour le dépannage et du carburant de réserve : pelle, pioche, machette, hache, etc. Il faut toujours se faire accompagner, car les obstacles sont nombreux (arbres, boue, sable, etc.)  sur la route et souvent, on est appelé à creuser.

Difficiles voies de communication. une jeep du ministère de l'intérieur embourbée dans du sable
Difficiles voies de communication. une jeep du ministère de l’intérieur embourbée dans du sable

De Popokabaka à Kasongo-Lunda, la route est très mauvaise. Le dernier cantonnier y a été vu il y a plus de 30 ans. Aucun camion n’ose passer par cette route.  Les plus audacieux – quand il y en a – passent par Mwana-Muyombo pour atteindre Kasongo-Lunda. Ceux qui connaissent la région savent que ces camions effectuent un long détour. C’est un véritable sacrifice.

D’ailleurs certains transporteurs refusent de descendre à Kasongo-Lunda et déposent souvent la marchandise à Mwana-Muyombo. Les clients n’ont qu’à se débrouiller pour atteindre leur domicile. On compte environ un camion tous les 3 mois.

Les ponts sur les différentes rivières entre Popokabaka et Kasongo-Lunda, en mauvais état, résistent encore, mais pour combien de temps ?

A Kasongo-Lunda même, toutes les rues sont sablonneuses et non entretenues. En plus des érosions qui entourent le village, il n’y a ni eau, ni électricité. Tous puisent l’eau dans les deux rivières Nganga et Imona. Il est difficile d’approvisionner cette agglomération, simplement parce qu’il n’y a pas de route. Nous vous invitons à regarder les photos de cette route à la page réservée  pour cet effet.

Ce qui est vrai pour Kasongo-Lunda est vrai pour toutes les agglomérations du Kwango. Où est alors « la révolution de la modernité ? »

 

2. Les voies aériennes

Les moyens de communication sont difficiles. Ici à l'Aerodrome de de brousse Pelende, dans le territoire de Kasongo-Lunda
Les moyens de communication sont difficiles. Ici à l’Aerodrome de de brousse Pelende, dans le territoire de Kasongo-Lunda

Il faut noter que le réseau aérien n’est pas développé dans le Kwango. Comme pour les routes, il n’existe pas de piste d’atterrissage digne de ce nom. Le pilote est obligé de voler à vue d’œil. Il n’y a pas de radar, ni d’appareil de communication au sol. Les pistes d’atterrissage sont en terre battue et souvent mal entretenu.

 Toutefois, il est possible d’atteindre quelques points du Kwango par avion, en suivant les pistes qui existent encore  : Feshi, Kahemba, Pelende, Suka, Kasongo-Lunda, Popokabaka, etc. Kenge possède aussi une piste d’attérirage mais inexploitée. Les agences de voyages sont à Kinshasa et dans les lieux où attérissent les avions.

Comme on le remarque sur l’image de cet aérodrome de Pelende, ce sont les « petits porteurs » qui atterrissent sur ces pistes de brousse. Il faut ajouter que la présence d’un nombre important de ces appareils pouvaient résoudre le problème de moyens de transport dans le Kwango où les routes sont mauvaises. Mais à ce jour, ces appareils sont à compter. Et pourtant comme dans toute société humaine, les gens circulent et ils ont besoin d’une infrastructure décente pour atteindre leurs objectifs.

3. Téléphone et Télécommunication

Le téléphone qui est un besoin élémentaire dans certaines parties du monde est encore aujourd’hui un luxe pour une grande partie du Congo, entre autre au Kwango. De nombreuses personnes n’ont jamais vu un téléphone.

Ces derniers temps, les grandes sociétés de la téléphonie mobile ont fait de grands efforts pour s’implanter à l’intérieur du pays. Et le marché n’est qu’à son début. Quelques antennes sont implantées à Kenge, Kahemba, Kasongo-Lunda, Tembo. Chaque antenne couvre un rayon d’environ 35 Km à vol d’oiseaux. On peut ainsi atteindre Tsakala Mbeo sans encombre ou Mwana Muyombo et Kingunda, par ex. Dans ces villages, on  commence à découvrir l’Internet, malgré le manque d’électricité. Mais la grande partie du Kwango n’est pas couverte.

Les moyens de communication ne sont pas développés dans le Kwango. Ici le réseau en brousse
Les moyens de communication ne sont pas développés dans le Kwango. Ici le réseau en brousse

De temps en temps, on trouve des « réseaux égarés » (parfois sur un rayon d’ 1 m2) en pleine brousse. Les villageois s’y attroupent pour téléphoner. On peut aussi voir des gens perchés sur un arbre en train de téléphoner : cela signifie que c’est au sommet de cet  arbre que l’on peut trouver le réseau. Point n’est besoin de dire qu’il n’y a pas de discrétion.  Souvent,  le réseau peut « s’enfuir » comme on dit dans le langage local  et les gens  » attendent son retour »  pendant plusieurs heures avec impatience.

Popokabaka qui était encore dans « l’obscurité », est maintenant couvert par les opérateurs téléphoniques Vodacom et Orange.  Comme pour les autres centres, on peut aujourd’hui atteindre Popokabaka sans problème.

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